évangile


évangile

évangile [ evɑ̃ʒil ] n. m.
• 1174; lat. ecclés. evangelium, gr. euangelion « bonne nouvelle »
1(Avec un É majuscule) Enseignement de Jésus-Christ. Répandre l'Évangile. « La voie du ciel est étroite et les préceptes de l'Évangile forts et vigoureux » (Bossuet).
2Chacun des livres de la Bible où la vie et la doctrine de Jésus-Christ ont été consignées. Les Évangiles synoptiques (Évangiles selon saint Matthieu, saint Marc et saint Luc). Le quatrième évangile ou Évangile selon saint Jean.
Absolt L'Évangile : le recueil des quatre évangiles canoniques. « La précieuse reliure en cuir de Cordoue du colossal Évangile de Venise » (Proust). Par ext. Le Nouveau Testament tout entier.
Loc. C'est pour lui parole d'évangile, une chose indiscutable. Tout ce qu'elle dit n'est pas parole d'évangile, ne doit pas être admis sans réserve.
3Textes des Évangiles qu'on lit chaque jour à la messe et à matines. L'évangile du jour.
4Fig. Texte, document essentiel qui sert de fondement à une croyance, à une doctrine. bible, catéchisme, credo, dogme, 1. loi. « Le Capital » de Karl Marx, évangile du marxisme.

évangile nom masculin (latin ecclésiastique evangelium, du grec euaggelion, bonne nouvelle) Message de Jésus-Christ (avec une majuscule) : Prêcher l'Évangile. Ensemble des livres où sont consignés la vie et le message de Jésus ; chacun de ces livres (avec une majuscule). Passage des Évangiles que le prêtre lit pendant la messe ; moment de la messe où le prêtre lit ce passage. Code, loi sacrée, règle immuable, document essentiel qui sert de fondement à une doctrine : « Mein Kampf » était l'évangile du national-socialisme.évangile (citations) nom masculin (latin ecclésiastique evangelium, du grec euaggelion, bonne nouvelle) Henri Bergson Paris 1859-Paris 1941 La morale de l'Évangile est essentiellement celle de l'âme ouverte. Les Deux Sources de la morale et de la religion P.U.F. Jean Calvin, de son vrai nom Cauvin Noyon, Oise, 1509-Genève 1564 Si on nous apporte sous le titre de l'esprit quelque chose qui ne soit contenue en l'Évangile, ne le croyons pas. Institution de la religion chrétienne Jean Calvin, de son vrai nom Cauvin Noyon, Oise, 1509-Genève 1564 Sachons que Dieu nous met devant les yeux autant de miroirs de sa vengeance pour nous faire priser la dignité et excellence de son Évangile. Traité des scandales Joseph Fiévée Paris 1769-Paris 1839 J'ai connu beaucoup d'hommes qui, si on leur avait demandé ce qu'ils pensent de l'Évangile, se seraient contentés de répondre : C'est ingénieux. Correspondance et relations avec Bonaparte Jacques Maritain Paris 1882-Toulouse 1973 Non seulement l'état d'esprit démocratique vient de l'inspiration évangélique, mais il ne peut pas subsister sans elle. Christianisme et démocratie Hartmannévangile (difficultés) nom masculin (latin ecclésiastique evangelium, du grec euaggelion, bonne nouvelle) Orthographe Avec ou sans majuscule, selon le sens. 1. L'Évangile = l'enseignement du Christ ; l'un des livres qui le contiennent. Avec une majuscule : « L'Évangile est un petit livre tout simple, qu'il faut lire tout simplement »(A. Gide). L'Évangile selon saint Matthieu. 2. L'évangile = moment de la messe où se fait la lecture de l'Évangile ; document qui sert de fondement à une doctrine. Avec une minuscule : arriver après l'évangile. « Cette lettre était devenue l'évangile de lafamille. On la lisait à tout propos, on lamontrait à tout le monde »(G. de Maupassant). ● évangile (expressions) nom masculin (latin ecclésiastique evangelium, du grec euaggelion, bonne nouvelle) Croire quelque chose comme l'Évangile, y croire fermement. Ministre de l'Évangile, titre des pasteurs de l'Église réformée. Parole d'Évangile, chose certaine, vérité absolue. ● évangile (synonymes) nom masculin (latin ecclésiastique evangelium, du grec euaggelion, bonne nouvelle) Code, loi sacrée, règle immuable, document essentiel qui sert de...
Synonymes :
- catéchisme

évangile
n. m.
d1./d Message de Jésus-Christ. Prêcher l'évangile.
|| (Avec une majuscule.) Chacun des livres qui exposent le message du Christ. L'évangile selon saint Jean. Les évangiles.
|| Partie des évangiles lue à la messe. Se lever à l'évangile.
d2./d Fig. Ouvrage servant de base à un message philosophique, une doctrine.
d3./d Loc. Parole d'évangile, qu'il faut croire sans discuter. Tout ce qu'il dit n'est pas parole d'évangile.
Encycl. Les évangiles (au Plur.), livres de saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean, racontent la vie et, donc, exposent la doctrine de Jésus-Christ. Ils ont tous les quatre été rédigés en grec, mais, probablement, une version primitive de l'évangile de saint Matthieu a été écrite en araméen. L'église n'a reconnu que ces quatre évangiles comme canoniques et les trois premiers sont dits synoptiques . D'autres textes, dont l'authenticité n'a pas été suffisamment établie, ont été qualifiés d' évangiles apocryphes.

⇒ÉVANGILE, subst. masc.
A.— [Gén. avec une majuscule, au sing.] Bonne Nouvelle, annonce du salut du monde offert en Jésus-Christ; vie et enseignement du Christ par les Apôtres, fondement de la foi chrétienne. Annoncer, prêcher, proclamer l'Évangile; accueil, message de l'Évangile. Il leur enseigna l'Évangile. Et, après les avoir instruits, il les baptisa par le sel et par l'eau (FRANCE, Île ping., 1908, p. 22). La charité chrétienne, si solennellement prêchée par l'Évangile (TEILHARD DE CH., Milieu divin, 1955, p. 183) :
1. Nous avons plus ou moins oublié le sens original du mot Évangile. Il signifie : la bonne nouvelle. Exactement comme la Bible était le Livre par excellence, l'Évangile apportait aux hommes la Bonne Nouvelle par excellence. L'enseignement de Jésus-Christ annonçait que le Messie était venu, que le salut était proche pour Israël et que les justes étaient appelés à régner avec Dieu.
GILSON, L'Esprit de la philos. médiév., 1931, p. 174.
[Avec un compl. déterm.] Évangile du Christ. Le tout petit qui nous a été donné [à Noël], l'évangile de la Joie (CLAUDEL, Annonce, 1912, IV, 3, p. 93).
Spéc. Ministre de l'Évangile. Pasteur protestant de l'Église réformée, ainsi nommé pour son ministère de prédication de l'Évangile. En sa qualité d'ancien ministre du saint Évangile, il est fort bon théologien, et c'est un homme religieux (DELÉCLUZE, Journal, 1827, p. 376).
B.— P. méton. [Gén. avec une majuscule] Consignation écrite de cette Bonne Nouvelle.
1. Absol., au sing. Le texte des quatre Évangiles (canoniques) au complet. Lire, méditer l'Évangile; chapitre, passage, verset d'Évangile; la perle, la pécheresse, la brebis perdue de l'Évangile. L'Évangile prend une grande importance dans sa vie intérieure. Il en tire de fréquentes citations. Il a contracté l'habitude d'y recourir quotidiennement (MARTIN DU G., J. Barois, 1913, p. 540). La parole de Dieu n'est point cantonnée dans l'Évangile et Dieu continue de s'expliquer, et s'exprime autant dans la dernière Encyclique du Pape que par les paroles mêmes du Christ (GIDE, Feuillets, 1918, p. 236) :
2. Les protestants se réfèrent à l'Évangile et nous nous référons à Jésus-Christ dont l'Évangile est le témoignage mais dont l'Église est la demeure. L'Évangile est le souvenir d'un mort, l'Église est l'habitation d'un vivant, qui continue avec nous toutes les transactions de la vie.
CLAUDEL, Corresp. [avec Gide], 1923, p. 238.
Un Évangile. Ouvrage qui présente le contenu des Évangiles (canoniques). La précieuse reliure, en quelque cuir de Cordoue, du colossal Évangile de Venise (PROUST, Fugit., 1922, p. 646). Il tira de sa poche un petit évangile qu'il ouvrit au hasard (GREEN, Moïra, 1950, p. 249).
Loc. diverses
Jurer, prêter serment sur l'Évangile, la main sur l'Évangile. Prêter serment en posant la main sur l'Évangile ou en invoquant l'Évangile. Urbain Grandier, tragédie non pas en cinq actes, comme je le prétendais, mais en trois seulement, ainsi que me l'a juré sur l'Évangile l'illustre prestidigitateur, M. Comte (MUSSET, Revue des Deux Mondes, 1833, p. 735). Il présente l'évangile à Gilbert, qui y pose la main. Gilbert. — Je jure, la main sur l'évangile, et avec ma mort prochaine devant les yeux, que cet homme est un assassin; que ce poignard, qui est le sien, a servi au crime (HUGO, M. Tudor, 1833, journée 2, 8, p. 131).
Vrai comme l'Évangile. Une affirmation catégorique, absolument certaine. — Vous voyez donc combien c'est faux! — Je ne dis pas que cela soit vrai comme l'Évangile (GOZLAN, Notaire, 1836, p. 257).
Au fig., fam.
Parole d'évangile. Chose sûre, fiable, digne de foi. Voyez, dit-il, quelle exactitude! Ces gens-là comptent jusqu'aux fractions. Et votre chiffre est désormais parole d'évangile (REYBAUD, J. Paturot, 1842, p. 274).
Croire qqc. comme l'évangile/comme parole d'évangile. Le croire fermement, y adhérer sans restriction. Testevel avalait ces billevesées comme paroles d'évangile (DUHAMEL, Désert Bièvres, 1937, p. 244).
Tout ce qu'il dit n'est pas mot/parole d'évangile. Il ne faut pas croire aveuglément tout ce qu'il dit, certaines de ses assertions sont sujettes à caution. — Autrement dit, vous doutez de la parole de George? dit Scriassine. — Je ne la prends pas pour un évangile (BEAUVOIR, Mandarins, 1954, p. 298).
2. Au sing. ou au plur. Chacun des quatre livres canoniques rédigés respectivement par saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean, contenant la vie et la doctrine du Christ. Évangiles canoniques, synoptiques; les Évangiles (= les quatre); le quatrième Évangile ou Évangile de (saint) Jean, selon (St) Jean. Les Évangiles ont été rédigés entre les années 65 et 100 après Jésus-Christ (MARTIN DU G., J. Barois, 1913, p. 235). Le royaume de Dieu nous est intérieur. C'est dans l'Évangile de Luc (DANIEL-ROPS, Mort, 1934, p. 151) :
3. L'Évangile de Jésus-Christ suivant S. Matthieu est l'Évangile écrit ou rédigé par un Saducéen converti et transformé. Celui de S. Marc est d'un Essénien. Celui de S. Luc est d'un Pharisien. Celui de S. Jean est d'un Juif Platonicien.
Ces différences n'empêchent pas une certaine unité de régner dans ces quatre Évangiles.
P. LEROUX, De l'Humanité, t. 2, 1840, p. 786.
En partic.
a) Évangile (apocryphe). Livre non canonique rapportant certains traits de la vie et de la doctrine du Christ. Évangile d'Ève; Évangile de l'enfance :
4. ... cet Évangile des Nazaréens (...). On l'appelait l'Évangile selon les Hébreux. (...) Théodoret l'appelle l'Évangile de S. Pierre. (..) d'autres (...) l'Évangile des Apôtres.
P. LEROUX, De l'Humanité, t. 2, 1840 p. 790.
Rem. Ne pas confondre avec les Évangiles de l'enfance (canoniques, de Matthieu et de Luc).
b) HIST. RELIG. Évangile éternel, du Saint-Esprit. ,,Révélation répandue au XIIIe s. par Joachim de Flore, annonçant le règne du Saint-Esprit après celui du Christ`` (Foi t. 1 1968). La prédication d'un évangile éternel (OZANAM, Philos. Dante, 1838, p. 59). Joachim de Flore peut bien annoncer un nouvel Évangile, celui du Saint-Esprit (GILSON, Espr. philos. médiév., 1932, p. 195).
3. P. ext., au sing. Ensemble des textes qui constituent le Nouveau Testament (Évangiles canoniques, Actes des Apôtres, Apocalypse, Épîtres). La Bible et l'Évangile. L'Évangile, sans l'antidote de l'Ancien Testament, est un plat fade et malsain (ROLLAND, J.-Chr., Maison, 1909, p. 998). Élection d'un peuple dans la Bible, élection de l'humanité tout entière dans l'Évangile (GILSON, Espr. philos. médiév.,1931, p. 157).
C.— [Gén. au sing. et avec une minuscule] Extrait d'un récit évangélique canonique.
1. Page, chapitre constituant un tout complet (récit, scène, épisode) :
5. En reportant son esprit sur les saintes Écritures, elle y choisit le récit le plus propre peut-être à charmer la mémoire d'une âme aimante comme la sienne. Elle se mit à réciter tout au long l'évangile de la résurrection de Lazare...
MONTALEMBERT, Hist. de Ste Élisabeth de Hongrie, 1836, p. 271.
2. Spéc., LITURG. CHRÉT. Texte proclamé (lu ou chanté) notamment à la messe au cours de la liturgie de la Parole. L'épître et l'évangile, côté de l'évangile (cf. côté I A 2 d). Elle avait conservé le Graduel et le Trait, l'Évangile et la Communion de la délicieuse messe des Abbés (HUYSMANS, Oblat, t. 2, 1903, p. 39). Le malheureux (...) monte en chaire, et pendant vingt mortelles minutes, (...) commente l'évangile du jour (BERNANOS, Soleil Satan, 1926, p. 139) :
6. Après l'évangile écouté debout, il y eut un grand bruit de chaises. Tous s'assirent. Le Père commença l'homélie...
ESTAUNIÉ, L'Empreinte, 1896, p. 7.
Loc. fam., au fig. C'est l'évangile du jour. C'est le nouveau sujet de conversation ou la nouvelle doctrine à la mode (ds Ac. 1798-1932).
Vieilli. Le premier évangile (avant Vatican II). Celui qui est lu à la messe après l'épître. Après que tout le monde a entendu debout le premier évangile (CHÉNIER, Amérique, 1794 p. 113). Le dernier évangile (avant Vatican II, p. oppos. au premier). Prologue de l'Évangile de saint Jean qui se lisait à la fin de la messe. Le célébrant, debout à la gauche du maître-autel, lisait le dernier évangile. « Et Verbum caro factum est, » dit-il en fléchissant les genoux (FRANCE, Orme, 1897, p. 20).
3. P. méton. Moment de la messe où le célébrant lit ou chante l'évangile, à la fin de la liturgie de la Parole. Après l'évangile. À l'évangile, le prêtre se retourne vers les assistants et leur lit l'évangile du jour en arabe (LAMART., Voy. Orient, t. 2, 1835, p. 107). À l'Évangile il y allait d'un sermon bien tassé (ROMAINS, Hommes bonne vol., 1939, p. 181).
Au dernier évangile. Au dernier évangile, j'ai bien remarqué qu'elle avait pleuré (BERNANOS, Journal curé camp., 1936, p. 1057).
4. Vx. Lire l'évangile, donner l'évangile à qqn. Lire un passage d'évangile pour bénir quelqu'un, l'étole du prêtre lui touchant la tête; p. ext., pour interroger le sort. Nos diseurs d'évangiles (...) récitent des évangiles en Orient, sur la tête d'un Musulman malade (DUPUIS, Orig. cultes, 1796, p. 561). Évangile de saint Jean. Le prêtre bénit, exorcise (BARRÈS, Cahiers, t. 10, 1914, p. 269) :
7. Mon mari est en route à cette heure, reprit-elle. Ce soir, j'ai lu l'Évangile de saint Jean pendant que Pauline tenait suspendue entre ses doigts notre clef attachée dans une Bible, la clef a tourné. Ce présage annonce que Gaudin se porte bien et prospère.
BALZAC, La Peau de chagrin, 1831, p. 135.
D.— P. anal., au fig. [Déterminé par un compl. du n., un adj. poss. ou qualificatif]
1. Texte, document servant de référence absolue à une croyance, à une doctrine. Synon. bible, credo. D'autres, suspects de tiédeur envers l'évangile hitlérien (AMBRIÈRE, Gdes vac., 1946, p. 357). Du « catéchisme de Boston » au XVIIIe siècle jusqu'à certains évangiles du service social en honneur aujourd'hui (PERROUX, Écon. XXe s., 1964, p. 587).
2. Loi, règle immuable (de pensée, de conduite, etc.) adoptée et prônée par quelqu'un. La suppression, voilà mon évangile (CAMUS, État de siège, 1948, p. 278) :
8. Est-ce réellement moi pour qui la règle du foyer fut toujours un évangile qui rentre de la sorte, le visage hagard et sans un mot d'excuse?
LACRETELLE, Silbermann, 1922, p. 148.
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1174-76 « ensemble des livres qui contiennent la doctrine du Christ; chacun de ces livres » (G. DE PONT-STE-MAXENCE, St Thomas, éd. E. Walberg, 1457 : a quatre ewangelies deit l'um agenuiller); 1541 « la doctrine même du Christ » (CALVIN, Instit., X, p. 568 ds HUG.); 2. ca 1260 « passage des Évangiles qui est lu pendant la messe » (PH. DE NOVARE, Quatre ages, 150 ds T.-L.); 3. 1552 fig. « bonne nouvelle » (RABELAIS, Quart Livre, épitre dédicatoire, éd. Marty-Laveaux, t. 2, p. 251); 4. 1792, 10 juin « document essentiel d'une croyance, d'une doctrine » un évangile politique (Lett. de Rol. au Roi, Buchez et Roux, t. XV, p. 42 ds BRUNOT t. 9, p. 624, note 1). Empr. au lat. chrét. euangelium « bonne nouvelle » en partic. « bonne nouvelle de la parole du Christ »; « récit des actes, des paroles du Christ; la doctrine du Christ », du gr. « récompense, action de grâces, sacrifice offerts pour une bonne nouvelle »; puis sens chrét. « bonne nouvelle, évangile » ( « bien » « porter une nouvelle »). Fréq. abs. littér. :1 949. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 3 353, b) 1 532; XXe s. : a) 2 714, b) 2 973. Bbg. RITTER (E.). Les Quatre dict. fr. B. de l'Inst. nat. genevois. 1905, t. 36, p. 417.

évangile [evɑ̃ʒil] n. m.
ÉTYM. V. 1174, au sens 2.; lat. ecclés. evangelium, grec euaggelion « bonne nouvelle », de eu-, et aggelos « message, nouvelle ».
———
I
1 (1541). Avec un E majuscule. La doctrine de Jésus-Christ; bonne nouvelle de la rédemption du monde par Jésus-Christ. || L'Évangile ou l'Évangile du Christ. || Annoncer, prêcher, répandre l'Évangile. || L'amour du prochain, la douceur, vertus enseignées par l'Évangile (→ Arme, cit. 25). || La lumière, les promesses de l'Évangile.
1 (…) je suis prêt à vous annoncer aussi l'Évangile, à vous qui êtes à Rome; car je ne rougis point de l'Évangile, parce qu'il est la vertu de Dieu pour le salut de tous ceux qui croient (…)
Bible (Sacy), Épître aux Romains, I, 15-16.
2 Mais la parole du Seigneur demeure éternellement; et c'est cette parole qui vous a été annoncée par l'Évangile.
Bible (Sacy), 1ere Épître de saint Pierre, I, 25.
3 Pesez donc, chrétiens, avant toutes choses, que la vie chrétienne est laborieuse, parce que la voie du ciel est étroite et les préceptes de l'Évangile forts et vigoureux, qui vont à séparer l'homme de lui-même, à le faire mourir à ses sens, à lui apprendre à crucifier sa propre chair.
Bossuet, 1er Sermon dim. quinq., Utilité des souffrances, II.
4 On parlait, on enseignait, on répétait tout ce qu'on savait de la vie et du message de Jésus. C'était cela qu'on appelait « la Bonne Nouvelle », la nouvelle à la fois du don merveilleux qu'il avait fait de lui même et des dons divins qu'il avait apportés; et d'un terme grec qui, jadis, avait signifié « pourboire au porteur d'une bonne nouvelle », mais qui, depuis les temps hellénistiques, s'appliquait à la bonne nouvelle elle-même, cette propagande s'appelait du mot qui, jusqu'à nos jours, l'exprime : euangelion, l'Évangile.
Daniel-Rops, l'Église des Apôtres, p. 293.
Spécialt. || Ministre de l'Évangile : pasteur protestant.
2 (1552, Rabelais). Fig. et vx. Bonne nouvelle.
———
II Par métonymie.
1 Au plur. ou au sing. Chacun des livres (notamment, de ceux qui sont retenus par le canon de l'Église) où la vie et la doctrine de Jésus-Christ ont été consignées. || Les quatre Évangiles canoniques sont placés au début du Nouveau Testament. Bible. || Les Évangiles synoptiques (Évangiles selon saint Matthieu, saint Marc et saint Luc). || Le quatrième Évangile (selon saint Jean). || Sources des Évangiles (tradition orale, protévangile, logia). || Dissemblance entre les Évangiles (→ Divergence, cit. 1). || Discussion de l'authenticité des Évangiles. || Évangiles apocryphes, non canoniques (Évangiles de Thomas, de Nicodème; selon les Égyptiens, les Hébreux…). || Lire les béatitudes, les paraboles, le récit de la Passion dans l'un des Évangiles (canoniques).
5 On sait que chacun des quatre Évangiles porte en tête le nom d'un personnage connu soit dans l'histoire apostolique, soit dans l'histoire évangélique elle-même (…) L'Évangile de Luc est une composition régulière, fondée sur des documents antérieurs. C'est l'œuvre d'un homme qui choisit, élague, combine (…) Les Évangiles de Matthieu et de Marc (…) sont des compositions impersonnelles, où l'auteur disparaît totalement.
Renan, Vie de Jésus, Introd., in Œ. compl., t. IV, p. 50-51.
Loc. fam. Parole d'évangile : chose sûre, indiscutable. || Croire une chose comme parole d'évangile.Tout ce qu'il dit n'est pas parole d'évangile, ne doit pas être admis sans réserve.
Absolt. || L'Évangile : le recueil des quatre Évangiles canoniques. || Commenter l'Évangile.
6 On se remit à lire l'Évangile, et, dans ce livre de résignation, de soumission, d'obéissance aux puissances, on lut partout ce qu'on avait soi-même alors dans le cœur : la liberté, l'égalité.
Michelet, Hist. de la Révolution franç., t. II, p. 121.
7 L'expression célèbre, « évangile selon… » ne veut rien dire d'autre qu'affirmer cette indissociable unité… Il n'y a vraiment qu'un seul Évangile, une seule bonne nouvelle devant laquelle s'effacent humblement ceux qui en sont les témoins et les hérauts. Les documents et les expressions peuvent varier, le message reste unique, indiscutable, comme la parole même de Dieu.
Daniel-Rops, Jésus en son temps, Introd., p. 40.
Par ext. Le Nouveau Testament tout entier. || Jurer sur l'Évangile, la main sur l'Évangile. || Baiser l'Évangile.
2 (V. 1260). Liturgie rom. Texte des Évangiles, lu chaque jour à la messe et à matines. || L'Évangile du jour. || Dernier Évangile : extrait de l'Évangile lu à la fin de la messe. || Côté de l'Évangile : côté gauche de l'autel (en y faisant face) où le prêtre lit l'Évangile. || À l'Évangile : au moment où se lit l'Évangile. || Il est sorti à l'Évangile.
Loc. Vx. Lire l'Évangile, donner l'Évangile à qqn : lire un passage de l'Évangile pour le bénir, et, par ext., pour interroger le sort.
Loc. fam. (1698, Mme de Sévigné). Vx. C'est l'évangile du jour, la nouvelle importante du jour.
3 (1792). Fig. Document essentiel (d'une croyance, d'une doctrine). Bible, catéchisme, code, dogme, loi, règle. || « Le Capital » de Karl Marx, évangile du marxisme. || Le petit livre rouge, évangile du maoïsme.
8 D'un plus fier évangile apôtres plus farouches,
Des mots retentissants résonnent sur leurs bouches :
Gloire, honneur, liberté, grandeur, droit des humains (…)
Lamartine, Harold, XI.
9 L'expérience américaine est triomphante, sûre de l'avenir. Elle est à peine discutée. Elle tient tout le monde en respect (…) Pour certains, une méthode; pour d'autres, un évangile.
G. Duhamel, Scènes de la vie future, p. 241.
10 (…) l'évangile des religions totalitaires, monologué et dicté du haut d'une montagne solitaire.
Camus, l'Homme révolté, p. 350.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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